Sunday, 16 November 2014

Témoignages de migrants africains

This is a text and exercises from frenchteacher.net. If you were to use this A-level resource you could set up the activity by getting students to watch this video report about the role of the Italian navy in rescuing migrants. This was linked on Twitter by a former student of mine, Giles Pitts.

http://www.theguardian.com/world/video/2014/nov/16/mediterranean-migrant-patrol-toughest-mission-video



Témoignages de migrants africains


Voici le témoignage d’Abderrahmane, arrivé par la mer au péril de sa vie en Italie, puis à Paris. Une traversée dangereuse. Pendant les premiers six mois de 2014, le nombre de migrants morts ou disparus en Méditerranée approchait les 3.000. 


Place de la Chapelle, XVIIIe arrondissement de Paris. On y trouve des dizaines de migrants africains. Des hommes pour la plupart, entre 15 et 30 ans. Le soir ils cherchent un endroit où dormir sur des cartons. Là, nous rencontrons Abderrahmane, 25 ans. Il a fui le Soudan à cause des violences. Abderrahmane a des traits fins, les joues creuses et des yeux noirs. Son exode a commencé en février 2014. Il a traversé le désert à pied pendant cinq mois avec trois copains de son village. Arrivés à Zuwara sur la côte libyenne, ils ont découvert des conditions de vie plus dangereuses qu'au Soudan. C'est là qu'Abderrahmane et ses amis ont rencontré ceux qui leur ont promis une traversée en mer vers l'Europe.


« On marchait dans la ville quand ils sont venus vers nous. J'étais content quand ils m'ont parlé d'une possibilité de fuir, de rejoindre l'Italie. Ils nous ont emmenés en voiture jusqu'à un hangar, où on a retrouvé d'autres Africains de différents pays. Dans ce hangar, nous sommes restés quinze jours. Il faisait chaud, nous n'avions pas de lumière. Juste un petit pain par personne par jour. »


Abderrahmane a commencé à détester ces hommes violents qui lui ont pris toutes ses affaires. Mais il a choisi avec ses trois copains de faire confiance à ces passeurs libyens car c’’était son seul espoir d’avoir une meilleure vie. Il leur a versé toutes ses économies : 2.200 dollars.



C’est le 14 août, à la nuit tombée. « Quand on est entrés dans l'eau, on a distingué le bateau dans l'obscurité. On nous avait promis un chalutier, mais c'était un pneumatique de 12 mètres sur 2 ! On est quand même montés à bord. Nous étions 95, serrés comme des sardines. Les passeurs, eux, étaient installés à l'aise sur un autre bateau, devant. Ils nous ont juste distribué une bouteille d'eau par personne pour un voyage qui a duré trois jours »


Trois jours en enfer. Le jour il fallait se protéger contre le soleil brûlant. La nuit, tout le monde avait peur à cause des vagues. Epuisé, le jeune clandestin s'est évanoui plusieurs fois. « Si je bougeais, je risquais de faire chavirer le bateau... alors je ne bougeais pas. Je ne sentais plus mes jambes. J'ai fait mes besoins sur moi. Ce qui m'a marqué ce sont les cris, les pleurs des enfants. Il y avait neuf enfants et sept femmes à bord »


Après 48 heures en bateau les passeurs ont décidé de faire demi-tour, de les laisser là au milieu de la Méditerranée. « On ne voyait que de l'eau... rien d'autre à l'horizon. Evidemment, on a eu encore plus peur ».


Le pire est ensuite arrivé : une panne de carburant,  puis une latte du plancher qui s’est brisée. L'eau a commencé à monter dans le bateau. Avant que la marine italienne intervienne, 37 passagers sont morts noyés. Abderrahmane, en larmes, raconte : « C'était tellement l'horreur... je n'ai pas vu tout de suite que mes trois amis étaient parmi ceux qui avaient coulé... C'est quand on a été secourus que je les ai cherchés et que j'ai compris que je ne les reverrais jamais... on savait qu'on pouvait mourir. Mais de toute façon au Soudan c'était la mort assurée. Alors, je ne regrette pas ce que j'ai fait, je ne regrette pas d'être ici à Paris ».


Oublier l'enfer, penser à l'Angleterre


Au pied du métro la Chapelle, Abderrahmane s'est lié d'amitié avec un autre clandestin, Kibrom, originaire d’Erythrée. Le jeune homme de 29 ans écoute le témoignage de son compagnon. Ses mains tremblent, il a envie de raconter son histoire à son tour.  Lui aussi a traversé la Méditerranée le mois dernier, mais depuis les côtes égyptiennes, pour 3.000 dollars. 


« Mon bateau à moi était plus grand, mais on était 300 et ça a duré 20 jours ! 20 jours sans dormir, à manger du pain recouvert de champignons. J'ai cru mourir car la mer a failli nous emporter, mais aussi parce qu’on n’avait pas assez d’eau potable. Plusieurs personnes sont mortes à bord. J'ai cette image en tête d'une femme, on a mis longtemps à voir qu'elle ne respirait plus. Puis avec la chaleur son corps s'est vite décomposé. C'est moi qui ai décidé de jeter son cadavre à l'eau. Des enfants regardaient. Un cauchemar", confie Kibrom.


Abderrahmane et Kibrom voudraient ne plus penser maintenant à l'enfer qu'a été la traversée de la Méditerranée. Le soir, allongés sur un bout de trottoir parisien, quand ils ferment les yeux, les deux jeunes préfèrent rêver de l'Angleterre. Dès demain, ils prendront la route pour Calais.



Vocabulaire choisi


personal story - _____________ (m)             cardboard box - ________ (m)

to flee - _____                                                 to take (someone) - ___________

to trust - _____ ________ _                            smuggler, courier - ________ (m)

to pay - _______                                             trawler - _________ (m)

wave - ______ (f)                                           to faint – s’__________

to rock (boat), capsize - __________             to turn around - ______ ____-____

plank - ______ (f)                                           to  break - _ ______

drowned - _____                                             to sink - _______

to rescue - ___________                                to make friends - __ ____ _’________

mould - _____________ (m. pl.)                    corpse - _________ (m)







Answer in English in note form


1.         How did Abderrahmane get to Europe ? Make three points.

           

2.         Describe the scene where he is being interviewed. Make three points.


3.         Describe the conditions he was kept in by the people smugglers in Libya. Make four points.

       

4.         Why did he and his friends end up trusting the people smugglers?

           

5.         Describe the boat and the conditions on it. Make four points.

     

6.         Why did he faint on the boat?

         

7.         What went wrong with the boat? Make two points.

           

8.         What was the result of this?

         

9.         What awful thing did Kibrom have to do during his crossing?

         

10.       What are the two men doing tomorrow and why?

           

Story from France Info


Teacher’s answers

1.         walked across desert (from Sudan to Libya)

            Took five months

            Boat from Libya to Italy

2.         18th district of Paris /La Chapelle Square

            10s of Africans migrants (mainly men)

            Cardboard boxes to sleep on

3.         In a hangar/shed

            No light

            Hot

            One piece of bread a day

            Other Africans for company

4.         Only hope for a better life

5.         Inflatable dinghy (12 x 2 metres)

            95 people packed like sardines

            One bottle of water for the whole journey

            Burning sun

6.         Had to stand upright for fear of capsizing boat

7.         Ran out of fuel. A plank broke/split (let in water)

8.         37 people drowned

9.         Throw the rotting corpse of a woman into the sea

10.       Going to Calais. To get to England.
           

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