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Comme des frites dans l’huile bouillante

C'est l'expression que Philippe Watrelot a évoquée dans son blog (Chronique éducation) pour caractériser la situation des nouveaux enseignants français qui vont commencer leur travail à la rentrée. Ils auront plus de cours, moins de temps de réflexion et peu de soutien.

Au Royaume-Uni je crois que nous pouvons nous féliciter un peu du fait que nos profs sont dans l'ensemble bien formés. Ils ont le temps de pratiquer leurs compétences dans deux établissements différents pendant plusieurs semaines, en faisant un emploi du temps réduit et en prenant du recul par un entretien hebdomadaire avec un "tuteur" expérimenté ("mentor" en anglais). J'ai eu l'occasion moi-même d'aider des stagiaires et c'est un processus qui fonctionne bien. Je dirais même que nos profs sont mieux formés que jamais.

En France ce qui compte dans l'enseignement, c'est la prouesse intellectuelle, non pas la capacité de transmettre ses connaissances a des clients de plus en plus exigeants. Au Royaume-Uni on a plutôt mis l'accent sur les méthodes de travail et les moyens de faire avancer les élèves de tous les niveaux intellectuels.

Il semblerait que la récente réforme de la formation des profs (la "masterisation") a fait peu pour améliorer la situation.  Voici ce que Libération en dit:

«Dans quelques jours, des professeurs débutants vont se retrouver dans des classes avec des services entiers [dix-huit heures de cours par semaine pour un certifié, ndlr] sans savoir comment faire un cours» : Philippe Tournier, le secrétaire général du SNPDEN-Unsa (le syndicat majoritaire des chefs d’établissement), a résumé hier une inquiétude unanime en cette rentrée. Avec l’application de la réforme de la formation des enseignants, les débutants vont débarquer devant les élèves sans avoir été formés. «Nous redoutons de nombreux départs et démissions», a-t-il ajouté.
C’est un leitmotiv dans les conférences de presse des syndicats qui se succèdent ces jours-ci : on envoie les jeunes profs au casse-pipe… La réforme (la «masterisation») impose aux profs d’avoir désormais un master au lieu, généralement, d’une licence. Surtout, elle supprime l’année de formation en alternance que les jeunes suivaient après avoir réussi leur concours. Officiellement, le but est d’aligner la France sur le modèle européen de formation des profs et de revaloriser les salaires des débutants qui augmentent de 10% à la rentrée. Autre objectif, moins avouable : mécaniquement, la réforme permet d’économiser 16 000 postes.
«Depuis le début, cette réforme est menée dans des conditions catastrophiques, souligne Philippe Tournier, quoiqu’il arrive au printemps 2012 [allusion à la présidentielle], il faudra rouvrir le dossier.» Mais en attendant, il faut faire avec. «Certains stagiaires [débutants] s’en sortiront, car ils sont talentueux», prédit le patron du SNPDEN. Mais d’autres, incapables d’installer leur autorité, risquent de perdre pied et de se décourager. «Or, avec un master de physique ou de maths en région parisienne, on peut trouver autre chose avec de meilleures conditions de travail, avertit Philippe Tournier, à terme on peut manquer de profs comme en Angleterre.»
Le ministère de l’Education a laissé une grande liberté aux rectorats pour appliquer la réforme. Du coup, c’est le bazar : on trouve tous les cas de figure. Dans certaines académies, les stagiaires auront quinze heures de cours, avec trois heures réservées à la formation qu’ils suivront chaque semaine ou regroupées lors d’un stage. Il faudra alors les remplacer, ce qui sera compliqué en ces temps de suppression de postes. Dans d’autres académies, ils feront dix-huit heures, avec des plages de formation en plus. Dans quelques-unes encore, ils partiront d’abord en formation et ne découvriront leurs classes qu’à la Toussaint.
La plupart ont eu droit ces jours-ci à une journée d’accueil au rectorat et, pour les plus chanceux, à deux jours de formation (appelés «kit de survie») pour apprendre à préparer leurs premiers cours… Dans la mesure du possible, les rectorats ont évité de les affecter dans des établissements difficiles ou à cheval sur plusieurs. Selon les syndicats, ce n’est toutefois pas le cas partout.
Mais le grand problème est le manque de «tuteurs». Les débutants devaient être accueillis et aidés par des profs chevronnés de leur établissement. Mais beaucoup ont refusé - le Snes, syndicat majoritaire du secondaire, prône le boycott -, et de nombreux stagiaires vont se retrouver sans tuteur. Le ministère a pourtant promis 2 000 euros l’année aux professeurs qui accepteraient. «On finira bien par en trouver, prévoit Philippe Tournier, surtout des jeunes sans expérience. Mais dans ce cas on aurait pu demander à des stagiaires de devenir les tuteurs d’autres stagiaires.»

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